Ca a commencé comme ça :
Un camion de police; Trois flics qui sortent armés de matraques. Le vieux assis par terre qui parlait tout seul a pas eu le temps de comprendre, on lui tenait déjà les deux bras et les deux pieds.
_ " Mais non ! Lachez moi ! je suis pas fou j'vous dis, je suis pas fou !"
_ " Qu'est ce qu'il se passe ? Qu'est-ce qu'il vous a fait ce vieux ? Vous pouvez pas être moins agressifs ?"
Les regards se tournent vers moi.
_ "Ca ne vous regarde pas monsieur. Degagez le passage."
Le vieux gueule une dernière fois avant de se faire enfermer dans le camion.
_ " La peur n'évite pas le danger ! La peur est un danger ! Contactez Mademoiselle Bless ! C'est important, je vous jure qu'elle existe ! Elle va voux donner la vie, c'est promi ! Ca ne veux pas rien dire ! Ca ne veux pas rien dire !"
Le camion démarre. Rue vide et silencieuse. Je tourne les talons, et m'en vais. Mon chapeau haut de forme, mes chaussures noires, et ma canne qui résonne sur chaque pavé, font de ma silhouète un fantome du passé, image que j'aime a semer dans la ville.
Ca n'était pas des balivernes. J'avais toujours consideré les fous comme des êtres superieurs. J'avais toujours trouvé ça trop simple d'être juste un homme. Un fou, aprés tout, était un homme qui racontait ses réalités sans que personne ne veuille jamais l'écouter.
Il me fallait reflechir. En fait, il me fallait boire. Oui, me bourrer la gueule, j'avais envie.
Me voilà donc accoudé au bar le plus proche, à enchainer les whiski. Les yeux perdus dans le fond de mon verre. Les yeux dans le vide, c'est mignon tout plein. Je gribouille sur une serviette en papier. Mademoiselle Bless... Je ne sais pas pourquoi, mais ce nom... Il sonne trés mal, et pourtant, il m'inspire une créature merveilleuse. Jolie demoiselle Bless, jolie demoiselle... Elle va me donner la vie.. oh.. oui... Jolie demoiselle... Peau douce, poitrine gonflée... Poitrine gonfl...
_ "Monsieur, le bar va fermer. Si vous pouviez remporter vos dessins érotiques, vous avez gribouillé une trentaines de serviettes avec vos conneries. "
_ "Hein...? Oh... merde. Je... Je suis désolé... Je cherche Mademoiselle Bless vous comprenez ..."
_ "Oui oui j'ai compris, celle avec les gros nichon. Ben elle est pas ici, bonsoir monsieur."
Cette fois c'est moi le fou. Certes, j'ai du boire beaucoup pour vider mes poches à ce point sans voir le temps passer. Certes, je ne dois pas avoir l'air fin, et je ne marche pas droit. Mais est-ce que ça fait de moi un fou? Non. De toutes façon, le seul fou est celui qui ne croit pas l'être. Oh et puis je suis fatigué. Et puis Mademoiselle Bless... Oh je voudrait la voir, je voudrais qu'elle me donne la vie, comme il a dit... Pourquoi la folie des autres ne m'atteint-elle pas, hein? Pourquoi il n y a que lui qui aurait le droit de connaitre l'existence d'une si jolie créature? Pourquoi ne peut-on pas choisir de devnir fou ?!
Je marchais sur le trottoire, en disant tout celà a voix haute, hésitant entre les larmes et le rire, puis je criais plus fort :
Salop de pauvre fou ! Tu injectes des rêves dans ma tête puis tu ne me montre pas le chemin pour les atteindre ! Tu crée des mirages et des passions en moi avec un simple nom ! Mademoiselle Bless ! Mais quel horrible nom ! Quel horrible nom, je vais en crever de ce nom, elle est trop jolie pour avoir un nom si laid ! Salop de fou ! Salop ! Tu vas me rendre.. fou ! Tu va me rendre fou ! Rah je te hais .. Je ? Je ...
Ecran noir. Néant ephemère.
_ "Bonjour, bienvenu chez les fous."
Les yeux toujours fermés, j'imagine une dernière fois comment va être la jolie demoiselle en face de moi, celle qui me parle avec une voix si douce, c'est... c'est ...
Une gamine ?!
_ "Vous vous attendiez à quoi ?"
_ "Ben..."
_ "Vous les adultes, vous êtes vraiment tous les mêmes."
Elle était jolie quand même. Mais... Vous savez, toute la nuance qu'il y a entre le mot "belle", et le mot "mignonne". Ben voilà. Chose un brin génante : elle était nue. Ca, c'était un poil embettant. Ne me demandait pas pourquoi, mais je trouvais ça horriblement genant. En dehors de ça, elle n'avait rien d'extraordinaire.
_"Oui je sais, je n'ai rien d'extraordinaire. Désolée de vous decevoir monsieur, mais c'est comme ça. Et puis ne croyez pas que c'est si facile de devenir fou, un long chemin immobile vous attends. Sachez tout d'abord qu'il y a deux sortes de fous, et ...
Il y eut un coup de vent un peu brusque, et elle bascula. Etonné je l'aiais à se relever.
_ " Qu'est-ce qu'il se passe ? C'est quand même pas le vent qui t'as fais tomber !"
_ " Si... "
Elle avait l'air genée, un peu honteuse. Et alors là, subitement, y a eu ce petit truc qui fond dans mon ventre. Vous savez, comme quand vous voyez un chaton abandonné sur le bord de la route, et que vous vous dites "non impossible plus de place à la maison", et que finalement...
_ "Tu sais, t'es pas si decevante que ça, aprés tout va."
Elle a sourie, et je me suis senti tout mou, fatigué. J'étais bien ici, j'étais...
_ "Tiens d'ailleurs ou sommes-nous?"
_"Peu importe non? Les fous ne se posent pas se genre de questions."
J'étais fatigué. Trés fatigué. Allez savoir pourquoi, je me complaisais dans un sentiment cotonneux, une paraisse inexplicable, et un attendrissement honteux. La gamine chantonnait, et tentait de saisir les rayons insésissables du soleil brulant. Et moi... Moi je m'emervaillais. Moi qui était tout d'abord décue par la créature, j'étais à present incapable de détacher mes yeux de sa peau planche, sa nuque lisse, ses yeux doux, ses l^vres fines, ses formes inexistantes et son dos courbé.
La nuit est arrivée comme arrive un ami : Doucement et sans prevenir. Je tentais de communiquer avec Bless, qui, beaucoup trop timide pour tenir une conversation adulte, se contentait souvent de réponses courtes et simples. Ca n'était pas simple de la faire parler, et celà rendait la chose encore plus agréable. La voir chercher ses mots, rougir, baisser les yeux, puis étouffer une réponse dans un rire enfantin... Son rire m'emplissait de bonheur. Parfois elle se levait, souriait, puis partait en courant pour se rouler dans l'herbe, toujours accompagné par ce rire enfantin qui habite sa gorge et qui me réjouit tant.
Puis elle est revenu s'assoire prés de moi, et subitement, elle semblait dépourvue de force et de souffle. Elle se faisait minuscule, se recroquevillait, et tremblais.
C'est étrange, ce sentiment amoureux qui naissait en moi. Cette envie insensé de la prendre dans mes bras, de coller sa tête dans le creux de mon épaule, et de rester là, comme ça, pour toujours ...
Le vent soufflait trés fort tout à coup, et la pluie, et la neige, et le froid, venaient se meler à mon sourire. Et elle ne bougeait pas, paralysée par le froid. Et moi, moi j'étais fatigué, crevé, au bout du rouleau, inexplicablement à bout de souffle.
Je murmurais :
_"Bless ..."
Et avec un effort douloureux, je passais mon bras derrière son dos afin de coller son petit corps contre le mien.
Je souriais comme un imbecile, lorsqu'elle a murmuré d'une voix tremblante ...
_ "Il y a deux sortes de fou... Il y a le Fou, le vrai fou, celui qui est né fou, et qui mourra fou, celui qui est totalement depourvu de la moindre conscience, et qui ne vie depuis toujours qu'à travers des rêves qu'il définit comme réalités. Ce fou là, est un homme heureux, stupide, inconscient. Mais heureux, sans doute le plus heureux.
Et puis il y a le pauvre fou..."
De quoi parlait-elle ? Mon cerveau semblait revenir lentement sous mon crâne... Qu'est-ce que je foutais là ? Quelle magie m'avait rendu si débile et inactif ? Depuis combien de temps? Pourquoi...?
Elle continuait douloureusement, comme pour répondre à mes questions :
_ "Le pauvre fou n'est qu'un homme. Un homme qui, las de porter sa conscience sur son dos, tente de bruler son fardeau, et de fuir la réalité. Cet homme là est lâche, trop rêveur, et incapable de finir la réalité qu'il avait commencé par accepter. Cet homme là, dans sa quète de l'inconscience, devra s'accompagner, afin d'être aussi fou qu'il le pretend, d'une ... fée..."
La voix se faisait de plus en plus basse, et deux ailes venaient de pousser dans le dos de Bless. Affolé, je la repoussais en criant :
_ "Bless ! Qu'est ce qui se passe ? Qu'est ce que tu fais ? Bless !"
C'est en prononcant ces mots que j'ai compris. "Qu'est ce que tu fais, Bless...". C'était evident. La Fée bless... La jolie, la petite, l'adorable faiblesse ...
Je reculais d'horreur face à cette revelation. La conscience qui avait entreprit jusqu'ici de s'enfuir sournoisement de mon cerveau à la vue de cette gamine, revenait m'assomait à grad coup de réel et de ridicule.
Bless levait les yeux vers moi, et demandait pardon timidement. Repugnant spectacle, répugnante Fée, répugnante faiblesse.
Je me detestais ! C'était pourtant si simple ! Quoi d'autre que la faiblesse pouvait me rendre ridicule à ce point ? La fatigue, l'inconscience, le sourire niais, l'amour...
Tout ça n'était que faiblesse !
Je ramassais mon chapeau, ma canne, et je partais doucement à reculons, pendant que Bless me faisait un triste aurevoir de la main...
Quand j'ai rouvert les yeux, j'étais allongé sur un trottoire humide, et j'avais gerbé dans le caniveau.
Un camion de police; Trois flics qui sortent armés de matraques. Le vieux assis par terre qui parlait tout seul a pas eu le temps de comprendre, on lui tenait déjà les deux bras et les deux pieds.
_ " Mais non ! Lachez moi ! je suis pas fou j'vous dis, je suis pas fou !"
_ " Qu'est ce qu'il se passe ? Qu'est-ce qu'il vous a fait ce vieux ? Vous pouvez pas être moins agressifs ?"
Les regards se tournent vers moi.
_ "Ca ne vous regarde pas monsieur. Degagez le passage."
Le vieux gueule une dernière fois avant de se faire enfermer dans le camion.
_ " La peur n'évite pas le danger ! La peur est un danger ! Contactez Mademoiselle Bless ! C'est important, je vous jure qu'elle existe ! Elle va voux donner la vie, c'est promi ! Ca ne veux pas rien dire ! Ca ne veux pas rien dire !"
Le camion démarre. Rue vide et silencieuse. Je tourne les talons, et m'en vais. Mon chapeau haut de forme, mes chaussures noires, et ma canne qui résonne sur chaque pavé, font de ma silhouète un fantome du passé, image que j'aime a semer dans la ville.
Ca n'était pas des balivernes. J'avais toujours consideré les fous comme des êtres superieurs. J'avais toujours trouvé ça trop simple d'être juste un homme. Un fou, aprés tout, était un homme qui racontait ses réalités sans que personne ne veuille jamais l'écouter.
Il me fallait reflechir. En fait, il me fallait boire. Oui, me bourrer la gueule, j'avais envie.
Me voilà donc accoudé au bar le plus proche, à enchainer les whiski. Les yeux perdus dans le fond de mon verre. Les yeux dans le vide, c'est mignon tout plein. Je gribouille sur une serviette en papier. Mademoiselle Bless... Je ne sais pas pourquoi, mais ce nom... Il sonne trés mal, et pourtant, il m'inspire une créature merveilleuse. Jolie demoiselle Bless, jolie demoiselle... Elle va me donner la vie.. oh.. oui... Jolie demoiselle... Peau douce, poitrine gonflée... Poitrine gonfl...
_ "Monsieur, le bar va fermer. Si vous pouviez remporter vos dessins érotiques, vous avez gribouillé une trentaines de serviettes avec vos conneries. "
_ "Hein...? Oh... merde. Je... Je suis désolé... Je cherche Mademoiselle Bless vous comprenez ..."
_ "Oui oui j'ai compris, celle avec les gros nichon. Ben elle est pas ici, bonsoir monsieur."
Cette fois c'est moi le fou. Certes, j'ai du boire beaucoup pour vider mes poches à ce point sans voir le temps passer. Certes, je ne dois pas avoir l'air fin, et je ne marche pas droit. Mais est-ce que ça fait de moi un fou? Non. De toutes façon, le seul fou est celui qui ne croit pas l'être. Oh et puis je suis fatigué. Et puis Mademoiselle Bless... Oh je voudrait la voir, je voudrais qu'elle me donne la vie, comme il a dit... Pourquoi la folie des autres ne m'atteint-elle pas, hein? Pourquoi il n y a que lui qui aurait le droit de connaitre l'existence d'une si jolie créature? Pourquoi ne peut-on pas choisir de devnir fou ?!
Je marchais sur le trottoire, en disant tout celà a voix haute, hésitant entre les larmes et le rire, puis je criais plus fort :
Salop de pauvre fou ! Tu injectes des rêves dans ma tête puis tu ne me montre pas le chemin pour les atteindre ! Tu crée des mirages et des passions en moi avec un simple nom ! Mademoiselle Bless ! Mais quel horrible nom ! Quel horrible nom, je vais en crever de ce nom, elle est trop jolie pour avoir un nom si laid ! Salop de fou ! Salop ! Tu vas me rendre.. fou ! Tu va me rendre fou ! Rah je te hais .. Je ? Je ...
Ecran noir. Néant ephemère.
_ "Bonjour, bienvenu chez les fous."
Les yeux toujours fermés, j'imagine une dernière fois comment va être la jolie demoiselle en face de moi, celle qui me parle avec une voix si douce, c'est... c'est ...
Une gamine ?!
_ "Vous vous attendiez à quoi ?"
_ "Ben..."
_ "Vous les adultes, vous êtes vraiment tous les mêmes."
Elle était jolie quand même. Mais... Vous savez, toute la nuance qu'il y a entre le mot "belle", et le mot "mignonne". Ben voilà. Chose un brin génante : elle était nue. Ca, c'était un poil embettant. Ne me demandait pas pourquoi, mais je trouvais ça horriblement genant. En dehors de ça, elle n'avait rien d'extraordinaire.
_"Oui je sais, je n'ai rien d'extraordinaire. Désolée de vous decevoir monsieur, mais c'est comme ça. Et puis ne croyez pas que c'est si facile de devenir fou, un long chemin immobile vous attends. Sachez tout d'abord qu'il y a deux sortes de fous, et ...
Il y eut un coup de vent un peu brusque, et elle bascula. Etonné je l'aiais à se relever.
_ " Qu'est-ce qu'il se passe ? C'est quand même pas le vent qui t'as fais tomber !"
_ " Si... "
Elle avait l'air genée, un peu honteuse. Et alors là, subitement, y a eu ce petit truc qui fond dans mon ventre. Vous savez, comme quand vous voyez un chaton abandonné sur le bord de la route, et que vous vous dites "non impossible plus de place à la maison", et que finalement...
_ "Tu sais, t'es pas si decevante que ça, aprés tout va."
Elle a sourie, et je me suis senti tout mou, fatigué. J'étais bien ici, j'étais...
_ "Tiens d'ailleurs ou sommes-nous?"
_"Peu importe non? Les fous ne se posent pas se genre de questions."
J'étais fatigué. Trés fatigué. Allez savoir pourquoi, je me complaisais dans un sentiment cotonneux, une paraisse inexplicable, et un attendrissement honteux. La gamine chantonnait, et tentait de saisir les rayons insésissables du soleil brulant. Et moi... Moi je m'emervaillais. Moi qui était tout d'abord décue par la créature, j'étais à present incapable de détacher mes yeux de sa peau planche, sa nuque lisse, ses yeux doux, ses l^vres fines, ses formes inexistantes et son dos courbé.
La nuit est arrivée comme arrive un ami : Doucement et sans prevenir. Je tentais de communiquer avec Bless, qui, beaucoup trop timide pour tenir une conversation adulte, se contentait souvent de réponses courtes et simples. Ca n'était pas simple de la faire parler, et celà rendait la chose encore plus agréable. La voir chercher ses mots, rougir, baisser les yeux, puis étouffer une réponse dans un rire enfantin... Son rire m'emplissait de bonheur. Parfois elle se levait, souriait, puis partait en courant pour se rouler dans l'herbe, toujours accompagné par ce rire enfantin qui habite sa gorge et qui me réjouit tant.
Puis elle est revenu s'assoire prés de moi, et subitement, elle semblait dépourvue de force et de souffle. Elle se faisait minuscule, se recroquevillait, et tremblais.
C'est étrange, ce sentiment amoureux qui naissait en moi. Cette envie insensé de la prendre dans mes bras, de coller sa tête dans le creux de mon épaule, et de rester là, comme ça, pour toujours ...
Le vent soufflait trés fort tout à coup, et la pluie, et la neige, et le froid, venaient se meler à mon sourire. Et elle ne bougeait pas, paralysée par le froid. Et moi, moi j'étais fatigué, crevé, au bout du rouleau, inexplicablement à bout de souffle.
Je murmurais :
_"Bless ..."
Et avec un effort douloureux, je passais mon bras derrière son dos afin de coller son petit corps contre le mien.
Je souriais comme un imbecile, lorsqu'elle a murmuré d'une voix tremblante ...
_ "Il y a deux sortes de fou... Il y a le Fou, le vrai fou, celui qui est né fou, et qui mourra fou, celui qui est totalement depourvu de la moindre conscience, et qui ne vie depuis toujours qu'à travers des rêves qu'il définit comme réalités. Ce fou là, est un homme heureux, stupide, inconscient. Mais heureux, sans doute le plus heureux.
Et puis il y a le pauvre fou..."
De quoi parlait-elle ? Mon cerveau semblait revenir lentement sous mon crâne... Qu'est-ce que je foutais là ? Quelle magie m'avait rendu si débile et inactif ? Depuis combien de temps? Pourquoi...?
Elle continuait douloureusement, comme pour répondre à mes questions :
_ "Le pauvre fou n'est qu'un homme. Un homme qui, las de porter sa conscience sur son dos, tente de bruler son fardeau, et de fuir la réalité. Cet homme là est lâche, trop rêveur, et incapable de finir la réalité qu'il avait commencé par accepter. Cet homme là, dans sa quète de l'inconscience, devra s'accompagner, afin d'être aussi fou qu'il le pretend, d'une ... fée..."
La voix se faisait de plus en plus basse, et deux ailes venaient de pousser dans le dos de Bless. Affolé, je la repoussais en criant :
_ "Bless ! Qu'est ce qui se passe ? Qu'est ce que tu fais ? Bless !"
C'est en prononcant ces mots que j'ai compris. "Qu'est ce que tu fais, Bless...". C'était evident. La Fée bless... La jolie, la petite, l'adorable faiblesse ...
Je reculais d'horreur face à cette revelation. La conscience qui avait entreprit jusqu'ici de s'enfuir sournoisement de mon cerveau à la vue de cette gamine, revenait m'assomait à grad coup de réel et de ridicule.
Bless levait les yeux vers moi, et demandait pardon timidement. Repugnant spectacle, répugnante Fée, répugnante faiblesse.
Je me detestais ! C'était pourtant si simple ! Quoi d'autre que la faiblesse pouvait me rendre ridicule à ce point ? La fatigue, l'inconscience, le sourire niais, l'amour...
Tout ça n'était que faiblesse !
Je ramassais mon chapeau, ma canne, et je partais doucement à reculons, pendant que Bless me faisait un triste aurevoir de la main...
Quand j'ai rouvert les yeux, j'étais allongé sur un trottoire humide, et j'avais gerbé dans le caniveau.
![[ Et bam, dans vos gueules. ]](http://06.img.v4.skyrock.net/06a/yuna-dream/pics/112258545_small.jpg)
![[ Il était une fois, puis autre, puis d'autres à la fois © ]](http://06.img.v4.skyrock.net/06a/yuna-dream/pics/64760138_small.jpg)